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L'analyse de la qualité du lait rallonge la durée de conservation des produits laitiers

31. janv., 2019
Par Richard Mills
Un nouveau test de la qualité sanitaire du lait cru renforce l'efficacité de la sélection des livraisons de lait pour garantir une durée de conservation optimale des produits laitiers chez Müller Milk and Ingredients, Royaume-Uni. Comparons cette nouvelle méthode aux autres méthodes et étudions son fonctionnement aux côtés d'autres méthodes d'analyse rapides pour une production laitière plus performante.

« Une seule pomme gâtée gâche tout le panier »... Ce vieux dicton est encore valable aujourd'hui quand on parle des livraisons de lait cru à la laiterie. Les méthodes d'analyse longues font courir aux producteurs laitiers le risque d'accepter une citerne de lait de mauvaise qualité parmi d'autres de bonne qualité, avec pour conséquences l'altération de la qualité d'un tank complet et la réduction de la durée de conservation des produits fabriqués à partir de cette matière première. 

L'arrivée d'une nouvelle méthode d'analyse permettant de déterminer le nombre total de bactéries dans le lait cru change la donne. 

Dans cet article, nous nous intéresserons aux questions suivantes :

  • Comment un nouveau test de la qualité sanitaire du lait cru peut-il de renforcer l'efficacité de la sélection des livraisons de lait pour garantir une durée de conservation optimale des produits laitiers chez Müller Milk and Ingredients, Royaume-Uni 
  • Comparaison du nouveau test rapide et plus précis par rapport au test à base de résazurine, au comptage sur Petrifilm / plaque et aux méthodes par microscope, en tenant compte des d'informations relatives aux essais sur le terrain fournies par Dairy Farmers of America
  • Fonctionnement de ce nouveau test de la qualité sanitaire aux côtés d'autres méthodes d'analyse rapides pour une production laitière plus performante 

 

Bloquer les livraisons de mauvaise qualité
Depuis plusieurs dizaines d'années, les producteurs laitiers apprécient de pouvoir analyser la qualité du lait en fonction de paramètres clés tels que la matière grasse, les protéines et la matière sèche totale. Mais la qualité sanitaire faisait jusqu'à présent défaut, exposant la chaîne de production à un lait de mauvaise qualité avec une charge bactérienne élevée. 

L’analyseur BacSomatic™ offre une nouvelle façon entièrement automatisée de contrôler la qualité sanitaire du lait cru à son arrivée à la laiterie. Il s'agit d'une première mondiale puisqu'il permet d'effectuer un test en l'espace de dix minutes, et ainsi de contrôler une citerne avant d'accepter la livraison de lait. A contrario, une méthode traditionnelle telle que le comptage sur plaque requiert l'incubation de l'échantillon suivie de l'évaluation des unités formant colonies de bactéries à l’œil nu, processus nécessitant au moins deux jours. Des méthodes alternatives telles que la réduction du colorant ou le test à base de résazurine requièrent généralement 30 minutes au minimum avant de fournir une indication. Elles sont bien plus rapides, mais ce délai reste trop long car il implique la mise en attente des citernes sans compter que le résultat ne fournit qu'une indication, avec la possibilité qu'une charge bactérienne plus élevée se révèle dans le temps. 

Pour résumer, avec les méthodes existantes, le lait est réceptionné et la citerne vide a déjà repris la route lorsque la nature exacte de la charge bactérienne est révélée. Si le lait s'avère être d'une qualité insuffisante, les opérateurs sont contraints de composer avec les conséquences. Cela peut par exemple entraîner la réduction jusqu'à 50% de la durée de conservation du lait de consommation.  

Grâce au nouveau test précis réalisé en dix minutes, les contrôleurs qualité peuvent traiter le lait livré de manière plus appropriée, en décidant parfois de réserver son utilisation à l'alimentation animale ou à la production de yaourts, ou encore en décidant de rejeter l'ensemble de la livraison. 

 

« L'un des indicateurs de qualité les plus significatifs pour nos clients reste la durée de conservation de nos produits » explique Sarah Eykelbosch, directrice technique principale chez Müller Royaume-Uni, responsable de la gestion des projets qualité dans sept usines anglaises réceptionnant des livraisons de lait cru. « Nous avons mis le BacSomatic à l'essai sur deux sites et avons ensuite décidé de le déployer globalement. Les avantages offerts, à savoir de ne pas devoir attendre 30 minutes le résultat du test à base de résazurine et la précision du résultat numérique, nous garantissent que le lait livré sur le site est de la meilleure qualité. » Elle ajoute : « L'équipement s'avère rentable par le seul fait qu'il évite qu'un lait de mauvaise qualité n'alimente notre production. » 

Découvrez l'entretien avec Müller Milk and Ingredients, Royaume-Uni.


Peut-il remplacer les anciennes méthodes ?
Il faut un peu moins de dix minutes au BacSomatic pour produire des résultats sous forme de valeurs numériques et basés sur un comptage des cellules bactériennes individuelles. Cet instrument exploite une technologie appelée cytométrie en flux qui implique l'utilisation d'un faisceau laser éclairant les cellules. 

 

La méthode traditionnelle de comptage sur Petrifilm ou plaque requiert l'incubation de l'échantillon, puis le comptage subjectif des unités formant colonies pour fournir un résultat, processus nécessitant environ deux jours. Un comptage microscopique direct (CMD) implique l'utilisation de réactifs chimiques et un comptage physique des cellules, ce qui donne lieu à une analyse subjective puisque les comptages vont systématiquement varier d'un opérateur à l'autre. De même, la méthode à base de résazurine consiste également en une évaluation subjective et ne délivre qu'une indication du comptage bactérien. La première indication est fournie après 30 minutes, mais le résultat peut évoluer dans le temps.  

 

Dans ce contexte, la nouvelle méthode proposée par le BacSomatic suscite un vif intérêt.  

 

Lorsque James Black, responsable du contrôle qualité et de l'assurance qualité chez Dairy Farmers of America a eu connaissance de l'opportunité de tester cette nouvelle solution, cette démarche lui a semblé évidente. « Nous souhaitions participer à l'essai car il offrait une nouvelle façon d'analyser les bactéries et les cellules somatiques en une seule fois » confie-t-il. « L'intérêt majeur est d'avoir accès à une alternative quant à la façon dont les analyses sont effectuées aujourd'hui, c'est-à-dire en faisant appel à un laborantin qui effectue le comptage physique, ce qui comporte un degré de subjectivité comme une méthode CMD. »

Le BacSomatic était à l'essai dans les locaux de DFA pendant plusieurs mois, fournissant de multiples opportunités de se familiariser avec l'instrument et de comparer les résultats à ceux des méthodes d'analyse traditionnelles. L'instrument comptait généralement un peu plus de cellules que ne le permet le comptage manuel, mais ce résultat n'était pas surprenant puisque le BacSomatic offre une définition plus élevée basée sur le comptage des cellules bactériennes individuelles (CBI), alors que les méthodes de comptage manuel ou par microscope recherchent les unités formant colonies (UFC).  

Avec les anciennes méthodes, l'échantillon doit incuber pendant deux ou trois jours. À l'inverse, le BacSomatic intègre des chambres d'incubation qui préparent le lait pour le comptage en approximativement huit minutes, générant juste suffisamment de bactéries pour donner une estimation fiable des niveaux de bactéries dans un échantillon. Suite à l'étape d'incubation, l'analyse des cellules bactériennes individuelles en elle-même dure environ une minute et demi.

 

D'après Black, « cet outil pourrait être très utile aux grandes laiteries comme moyen d'accepter ou de rejeter les livraisons de lait ». 


Visionnez notre séminaire en ligne sur la comparaison du concept du BacSomatic aux autres méthodes.

 

 

La forteresse du contrôle qualité
L'histoire du BacSomatic suit celle des autres solutions analytiques rapides développées pour l'analyse de la qualité sanitaire des produits laitiers ces dernières décennies. 

Aujourd'hui, la plupart des laiteries effectuent des tests rapides par spectroscopie infrarouge à transformé de Fourier (IRTF) sur le lait afin de déterminer différents paramètres tels que la matière grasse et les protéines notamment, remplaçant un ensemble d'anciennes méthodes nécessitant du temps, comme les méthodes Gerber et Babcock. De même, cela fait de nombreuses années que la technologie proche infrarouge est devenue incontournable en matière d'analyse des produits laitiers en cours de production. 

Non seulement les méthodes rapides remplacent les tests traditionnels, mais elles apportent également de nouvelles possibilités à la laiterie du futur. Parmi elles figurent la possibilité d'analyser le lait livré à la recherche d'adultérations (volontaires ou accidentelles) en utilisant la spectroscopie IRTF, et la possibilité d'analyser la couleur des produits laitiers à l'aide de la technologie proche infrarouge simultanément à d'autres tests standards, évitant ainsi la nécessité d'utiliser un colorimètre ou une salle de contrôle de la couleur. Dans le cas du BacSomatic, il peut également analyser les cellules somatiques simultanément, offrant ainsi la possibilité d'un contrôle qualité supplémentaire, par exemple l'évaluation de la qualité d'une production de fromage ou de produits laitiers fermentés. 
 
Avec le BacSomatic opérant aux côtés d’instruments tels que l’analyseur IRTF de produits laitiers très répandu MilkoScan™ FT1 et l’analyseur proche infrarouge FoodScan™ 2, l’analyse laitière bénéficie de toutes les grandes bases de contrôle qualité et d’une méthode rapide et pratique.  

Afin de maintenir à jour le BacSomatic et les autres solutions, les instruments modernes sont désormais tous munis d'une connexion à un logiciel de mise en réseau. Cette caractéristique est particulièrement intéressante pour les entreprises souhaitant utiliser plusieurs instruments sur différents sites de production. La connexion permet de surveiller et de commander plusieurs instruments depuis un même poste de travail, simplifiant la tâche critique que représente le contrôle de la qualité sanitaire du lait avant son intégration à la chaîne de production. 

 

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